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La mort présumée de Khamenei sème l'incertitude sur la succession en Iran

Par The Daily Nines Editorial Rédaction19 avril 20263 min de lecture
La mort présumée de Khamenei sème l'incertitude sur la succession en IranVoir en couleur

TÉHÉRAN — Des rapports non vérifiés circulant en Iran suggèrent que le décès du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a entraîné un retard sans précédent dans les annonces officielles et l'organisation des funérailles, signalant une profonde appréhension au sein de l'establishment clérical. Ce silence inhabituel, au milieu d'affirmations non confirmées de sa disparition, souligne un moment d'incertitude significatif pour la République islamique.

Pendant plus de trois décennies, Khamenei a été le sommet spirituel et politique de l'Iran, héritant du manteau du fondateur révolutionnaire, l'ayatollah Ruhollah Khomeini. Son leadership a été caractérisé par une rhétorique anti-occidentale inébranlable, une consolidation du pouvoir clérical et une position ferme contre la dissidence interne. L'absence d'un processus de deuil public rapide pour une figure d'une telle stature soulève immédiatement des questions sur la stabilité interne du régime et son image publique.

Des sources indiquent que les responsables iraniens hésiteraient à organiser des funérailles publiques grandioses, ce qui marquerait une rupture nette avec les précédents. Cette réticence rapportée, selon divers médias internationaux dont *The Mirror*, est interprétée par les analystes comme une crainte de troubles publics potentiels ou d'une faible participation révélatrice, ce qui pourrait exposer l'ampleur du mécontentement populaire à l'égard du gouvernement actuel.

Le contraste avec les funérailles de l'ayatollah Ruhollah Khomeini en 1989 est particulièrement frappant. Le cortège de Khomeini a attiré des millions de personnes dans les rues de Téhéran, une puissante démonstration de ferveur révolutionnaire et de soutien populaire généralisé qui a efficacement renforcé la République islamique naissante. Une génération plus tard, l'incapacité présumée à orchestrer un spectacle similaire pour son successeur en dit long sur l'évolution du paysage politique et l'érosion de la confiance du public.

Le retard place le processus de succession sous un examen intense. L'Assemblée des experts, responsable de la sélection du prochain Guide suprême, est désormais prête à naviguer dans une transition potentiellement volatile. Les pressions croissantes dues aux difficultés économiques, aux sanctions internationales et aux protestations persistantes contre les politiques du régime pourraient converger, rendant une démonstration publique de faiblesse à ce moment critique profondément indésirable pour Téhéran. Cette situation complique davantage la position régionale et internationale de l'Iran, les puissances mondiales surveillant de près les développements pour leurs implications sur les négociations nucléaires et la stabilité du Moyen-Orient.

Le récit qui se dessine autour du décès présumé de Khamenei et du silence officiel qui s'ensuit pourrait bien s'avérer être un moment charnière, déterminant la trajectoire de la République islamique pour les décennies à venir et dévoilant potentiellement l'étendue réelle de ses fragilités internes.

Reportage original de Mirror. Lire l'article original

Éclairage approfondi

Ce que les plus grands penseurs de l'histoire diraient de cette actualité

Voltaire

Voltaire

Philosophe des Lumières et critique de l'absolutisme · 1694–1778

Ah, quelle ironie des temps modernes ! Dans cette Iran où le pouvoir clérical s'entoure d'un voile d'omerta, je vois ressurgir les ombres de l'Ancien Régime que j'ai tant fustigé. Khamenei, ce guide suprême, n'est-il pas l'écho de ces despotes religieux dont je dénonçais l'hypocrisie dans mes 'Lettres philosophiques' ? La succession incertaine révèle le fragile échafaudage du pouvoir, où la peur du peuple étouffe la vérité. Si le silence officiel persiste, c'est que l'autorité sait que le peuple, comme je l'ai toujours affirmé, n'est pas dupe des illusions sacrées. Cette affaire m'invite à rappeler que la tolérance et la raison seules peuvent dissiper les ténèbres de l'oppression, car sans elles, les nations s'enfoncent dans le chaos des passions humaines.

P

Pierre-Joseph Proudhon

Théoricien de l'anarchisme et critique de l'État · 1809–1865

Dans cette crise iranienne, où la mort présumée d'un dirigeant expose l'absurde machinerie de l'État, je reconnais l'inévitable corruption du pouvoir que j'ai dénoncée dans 'Qu'est-ce que la propriété ?'. Khamenei, symbole d'une autorité centralisée qui écrase la liberté du peuple, laisse derrière lui un vide que les clercs craignent de combler, de peur que ne surgissent les revendications populaires. N'est-ce pas là la preuve que tout gouvernement, par sa nature même, engendre le mensonge et la répression ? Si les funérailles tardent, c'est que l'État redoute l'éveil des masses, ces travailleurs opprimés dont j'ai prôné l'autonomie. Que cette incertitude serve de leçon : la véritable justice naîtra non des élites, mais de l'association libre des individus, brisant les chaînes de l'autorité factice.

B

Benjamin Constant

Défenseur de la liberté individuelle et penseur libéral · 1767–1830

Observant de loin cette tumultueuse succession en Iran, je discerne les dangers d'un pouvoir qui, comme je l'ai analysé dans 'De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes', confond l'autorité antique avec les besoins modernes de liberté. Khamenei, en tant que guide suprême, incarnait un régime où l'individu est sacrifié à l'État et à la religion, sapant ainsi les fondements de la confiance publique. Le silence officiel et les craintes de troubles publics ne font que révéler l'érosion de ce lien vital entre gouvernants et gouvernés, que j'ai toujours vu comme le pilier de la stabilité. Dans ce moment critique, je plaide pour que l'Iran embrasse les principes de la liberté moderne, où le peuple puisse exercer ses droits sans la tyrannie d'un seul, afin d'éviter que l'incertitude ne débouché sur le despotisme.

A

Aristote

Philosophe de la politique et de l'éthique · 384 av. J.-C.–322 av. J.-C.

Dans cette affaire iranienne, où la mort d'un dirigeant provoque un tel désarroi, je retrouve les leçons de ma 'Politique', où j'affirmais que toute cité prospère dépend d'une succession ordonnée et d'une constitution équilibrée. Khamenei, en tant que figure suprême, rappelle les tyrans que j'ai étudiés, dont le pouvoir personnel menace l'harmonie du corps politique. Le silence et les peurs de révolte indiquent un régime instable, loin de la mixte idéale que j'ai prônée pour prévenir l'anarchie. Si les clercs hésitent, c'est que le peuple, comme je l'enseignais, peut se rebeller contre l'injustice. Que cette incertitude serve à rappeler que la vertu et la raison doivent guider la succession, afin que l'État ne sombre pas dans le chaos, mais persévère dans la recherche du bien commun.

J

Jean-Jacques Rousseau

Philosophe du contrat social et de la volonté générale · 1712–1778

En contemplant cette incertitude autour de la mort de Khamenei, je sens vibrer l'essence de mon 'Contrat social' : un peuple opprimé par un pouvoir qui feint de représenter la volonté générale, mais qui n'est que l'expression d'une élite corrompue. En Iran, le silence officiel masque la fracture entre les gouvernants et les gouvernés, révélant que le régime a perdu le consentement véritable du peuple, comme je l'ai toujours affirmé. Les craintes de troubles publics ne font que confirmer que la liberté n'est pas respectée, et que sans un retour à l'état de nature purifié par le pacte social, l'instabilité régnera. Que cette succession soit l'occasion pour les Iraniens de réclamer leur souveraineté, car, comme je l'ai écrit, ce n'est que dans la voix unanime du peuple que réside la légitimité du pouvoir.